Robin Williams dans un Boulevard bouleversant

Publié le 17-05-2016 14:48:13 Modifié le 05-04-2019 16:31:47 Par tmv

Boulevard, film testament de l'immense comédien Robin Williams, sort enfin sur les écrans français. Un bel hommage ?

Touchant. Oui, Boulevard est touchant. Tout au long de ce  film maudit (budget quasi-inexistant, peu de recettes, dis- tributeurs aux abonnés absents…), il plane un petit « quelque  chose ». Parce que le point névralgique de Boulevard, c’est  Robin Williams. Le clown triste. Un immense acteur dont le  suicide, peu après le tournage, laisse ici un goût amer. L’impression de voir le comédien exposer sa propre tristesse à  l’écran. Et c’en est troublant.

Mais Robin Williams méritait-il meilleur testament que ce  Boulevard, réalisé par Dito Montiel ?
À contre-courant de  ses œuvres habituelles (davantage des action-movies), le  cinéaste laisse ici éclore toute sa sensibilité. Il fait le portrait  de Nolan, un homme effacé, au quotidien bien tristounet. Il a  beau aimer sa femme, il fait tout de même chambre à part.  Un jour, cet employé de banque modèle à l’existence aussi  vide que plate rencontre Léo, un jeune prostitué. Va alors se  tisser une relation d’amour (ou amitié ?) homo-érotique et  asexuelle, emprunte d’une tendresse que Nolan n’a jamais su  exprimer.

Force est donc de constater que dans Boulevard, tous les  regards se tournent sur un Robin Williams qui vampirise  l’écran, alors qu’il est paradoxalement quasi-inexpressif. Mes  ses yeux brillent. Le comédien aussi. Son regard, qui contient  toutes les peines du monde, agrippe le spectateur et ne le  lâchera pas.

Mais en dehors de cette interprétation « williamesque », le reste du film ne convainc guère. Noyé sous une  musique lancinante, Boulevard tend parfois à jouer de l’effet  lacrymal un peu trop facilement. Quel dommage, aussi, de ne  pas avoir plus insisté sur le rapport entre Nolan et sa femme.  Finalement, Boulevard ne trouve sa force que dans la puissante émotion dégagée par la pudeur d’un Robin Williams  bouleversant. Un joli dernier hommage.

Aurélien Germain

>Drame, de Dito Montiel (États-Unis). Durée : 1 h 28. Avec Robin Williams, Roberto Aguire…
> NOTE : 3/5

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=HCdUubr70i8[/youtube]

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Catégories : Ecrans

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