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Une habitation dans les bois considérée comme « hors la loi »

Le 08/12/2014 à 17h57

#EPJTMV. Nathalie Doumas a construit son propre logement à Saint-Martin-le-Beau. En 2007, elle s’installait à la lisière d’un bois sur son terrain de 5000 m2. Mais depuis 4 ans, elle est en conflit avec la commune qui souhaite voir sa maison disparaître.

Pas facile de rencontrer Nathalie Doumas. Une fois arrivé à Saint-Martin-le-Beau par la D140, il faut « prendre à gauche au niveau du rond-point où il y a le charpentier, suivre l’usine Pullflex, reprendre à droite, et au troisième rond-point finalement à gauche ». Il faut traverser des champs, des vignes. À droite, un camp de gens du voyage, puis à nouveau des champs. Un bois apparaît. Caché sous les arbres, un circuit de moto-cross. Un dernier embranchement et quelques mètres sur un chemin de terre. Nous y voilà. Nathalie Doumas nous accueille. Finalement, on est loin du bourg de Saint-Martin lorsqu’on arrive chez elle.

Quinze ans dans un camion 

Sur le terrain, dont elle est propriétaire depuis 2004, sont répandus un peu partout des jouets. « Ils sont à mon fils. Il adore la nature et passe sa vie dehors », sourit-elle. Un poulailler, un potager, un chien… Au milieu de ce « grand jardin » trône la « maison, l’habitation, l’abri… On ne sait plus comment l’appeler », soupire-t-elle. C’est en tout cas sa demeure principale. Son logement. Pendant quinze ans, elle a vécu dans un camion. « Je suis saisonnière, mais les employeurs ne peuvent pas toujours me loger », raconte-t-elle. Sa force de travail, Nathalie Doumas l’a exportée partout en France, en Espagne ou en Suisse aussi. Lorsqu’elle a eu l’occasion de se rapprocher définitivement de sa famille, elle n’a pas hésité.

En 2008, une première procédure est lancée contre elle par la municipalité de Saint-Martin. On lui reproche de ne pas avoir eu d’autorisation pour ériger sa demeure sur un terrain non constructible. Les procédures se sont alors succédé. Les poursuites sont d’abord abandonnées en 2010, puis reprennent la même année. Depuis, Nathalie Doumas est sous le coup d’une possible demande de démantèlement de son habitation. Mais la voila arrivée au bout de son marathon juridique : sa vie va basculer le 11 décembre 2014. Mais dans quel sens ? Une attente doublée d’une menace angoissante. « Je n’ai nulle part où aller. J’ai un enfant. Je ne peux pas imaginer qu’ils me mettent à la rue », explique t-elle.

Face à la justice

Vivre à l’écart, dans un logement atypique n’est pas un choix militant. « C’est un choix de vie. Je ne veux pas être cataloguée comme une écolo extrémiste, espère Nathalie Doumas. Je n’emmerde rien, ni personne ». Il y a quelque temps, lorsque l’affaire a commencé, elle est allée à la rencontre de ses voisins. Les plus proches vivent à 150 mètres de chez elle. Elle a obtenu une dizaine d’attestations qui assurent accepter sa présence.

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Une bicoque en bois enfouie en plein cœur de la forêt. C’est en tout cas la première impression visuelle que l’on a de cette fameuse maison, qui cause tant de problèmes à la mairie de Saint-Martin. Nous traversons sa « cuisine d’été » et entrons dans son habitation. La chaleur est saisissante. Chauffée par un poêle à bois, la maison semble tout ignorer de l’hiver que nous entamons. « Lors du terrible hiver 2012, où il a souvent fait en dessous de -15°C, je n’ai eu aucun souci, relate-t-elle. J’ai mis quinze centimètres de paille dans les murs. C’est mieux isolé que la plupart des appartements ou maisons des villes. »

« On m’a d’abord reproché de vivre sur une zone A.O.P de Touraine, or je suis à 200 mètres des premiers rangs de vignes », explique-t-elle. Mais le problème ne semble plus se situer au niveau de la protection des vins de la région. La mairie a pointé du doigt le fait qu’elle vivait sur une zone non constructible. « Je n’ai aucune fondation, mon habitation est comme posée sur le sol », se défend Nathalie Doumas. Elle souhaiterait que la loi Duflot lui vienne en aide. Il y est prévu que les habitats légers soient mieux reconnus. Ou que le PLU (Plan local d’urbanisme) change et que son terrain devienne, une bonne fois pour toute, constructible pour éviter tout malentendu et contentieux juridique.

Une maison construite au fil des années… 

Des photos d’amis, de famille et des décorations sont accrochées aux murs. Au centre, une table en bois et un canapé remplissent l’espace. « Au fil des ans, des choses se sont rajoutées. Les améliorations viennent avec le temps. » Il fallait faire preuve d’ingéniosité pour construire cet habitat à partir de rien et sans compétence. Des murs se sont élevés, des pièces sont apparues. Une cuisine, une chambre, un salon…

Dans la campagne proche de Tours, ils sont plusieurs à avoir construit leur maison. « J’ai une amie pas très loin d’ici qui vit comme moi. Pour l’instant, elle n’est pas inquiétée. Je touche du bois », explique Nathalie Doumas. Sophie Robin, une amie proche et membre de l’association Vélorution, précise de son côté qu’« il y a presque une dizaine de gens qui ont bâti leur logement sans demander l’avis de personne en Touraine. Certains sur des zones non constructibles voir inondables. Ils ne sont pas mis en danger par la justice. Tant mieux. Mais c’est dur pour Nathalie. Elle respecte les lois sans faire de vague mais elle peut théoriquement être mise à la rue. Nous ne sommes pas sur un fait de société mais sur un cas unique, une histoire personnelle qui mérite indulgence et compréhension. » Nathalie Doumas rebondit : « De toute façon, je n’ai pas envie de démonter ce que j’ai construit. »

Mise à jour au 11/12/2014

Suite à la délibération du Tribunal de Tours, l’affaire a été ajournée au 11 septembre 2015. Nathalie Doumas et la mairie de Saint-Martin-le-Beau ont jusqu’à cette date pour trouver un accord. « La justice a été compréhensive », a déclaré Nathalie Doumas. Son défi va être de faire évoluer le plan local d’urbanisme (PLU) en accord avec la commune. Ainsi son logement pourrait être mis en dehors de tout problème juridique et cela définitivement.

Thomas Rideau

Vidéo : Sébastien Guerche

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14 commentaires

  1. Le 23/03/2016 à 03h35
    par remond

    bonjour
    QUELLE EST LA DECISION DE LA JUSTICE FINALEMENT ?
    merci

  2. Le 19/12/2014 à 10h21
    par AigleMarin

    si l’on peut soutenir cette femme d’une manière ou d’une autre, il serait bon de diffuser l’info.
    Courage et détermination !
    J’espère que le PLU changera en votre faveur Mme Nathalie Doumas

  3. Pingback: Je deviens célèbre ! On parle de moi dans la presse… | lesterreslointaines

  4. Le 17/12/2014 à 12h40
    par Freyssinet

    Bonjour à tous,
    Je voulais remercier tout d’abord Nathalie de l’harmonie avec laquelle elle vit et nous tous blogueur qui font/feront tourner l’information pour son soutien.

    Tous mon soutien pour cette histoire, avec un peu de retenu et du resonnement on arrive à bout de tous.
    Courage.

  5. Le 16/12/2014 à 10h26
    par ivane

    quand va t-on arréter d’emmerder les gens

  6. Le 16/12/2014 à 09h54

    Bonjour Vanessa
    Vous pouvez retrouver la mise à jour sur le jugement en fin d’article :

    Mise à jour au 11/12/2014

    Suite à la délibération du Tribunal de Tours, l’affaire a été ajournée au 11 septembre 2015. Nathalie Doumas et la mairie de Saint-Martin-le-Beau ont jusqu’à cette date pour trouver un accord. « La justice a été compréhensive », a déclaré Nathalie Doumas. Son défi va être de faire évoluer le plan local d’urbanisme (PLU) en accord avec la commune. Ainsi son logement pourrait être mis en dehors de tout problème juridique et cela définitivement.

  7. Le 16/12/2014 à 09h44
    par vanessa

    Alors ce jugement ?

  8. Le 14/12/2014 à 09h32
    par bareteau

    elle pose tout sur des plots en béton avec platines boulonnées et le tour et joué , c est démontable et/ou temporaire , y a pas dimpôt et c est pas un bâtiment ni une maison !

  9. Le 14/12/2014 à 08h48
    par Nesler

    Avec vous comme avec tous les précarisés de France, votre exemple doit servir de jurisprudence afin que la loi « un toit pour chacun »! soit respectée. PARADOXAL … NON???

  10. Le 13/12/2014 à 09h18
    par vincent

    nath n’oublies pas que les pétitions cela existe et que des centaines de signatures peuvent t’aider face a la justice
    bon courage

  11. Le 13/12/2014 à 11h51
    par cyril quesnel

    Courage à Nathalie et à tous les autres Hommes qui souhaitent vivre dignement et en harmonie avec la nature. Un jour, ce qui vient de la terre reviendra à la terre. Aussi haut les bâtiments soient, ils ne sont rien face à Dame Nature.

  12. Le 12/12/2014 à 02h56
    par AainaA

    Il convient de rappeler que la ville était une fois, un village

  13. Le 09/12/2014 à 10h48
    par chabenat

    C’est tout simplement innommable de mettre cette femme dehors…qui n’ennuie pas ses voisins. …qui sont d’accord.

  14. Le 09/12/2014 à 05h33
    par Colombier

    C’est purement symbolique, mais je suis sensible à l’injustice qui s’acharne sur Nathalie Doumas. Je l’avais écrit à la Municipalité de St-Martin -Le-Beau naguère,comme d’autres, certainement,l’avaient fait aussi, mais cela n’a servi manifestement à pas grand chose. Ne reste qu’à espérer que le jugement lui soit favorable ! Bon courage. Solidairement.Chantal C.

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